FAQ OIPC

  1. Quels sont les critères de sélection pour inscrire un élément sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité ?
    Dans les dossiers de candidature, il est demandé à l’État partie soumissionnaire de démontrer que l’élément proposé pour l’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité répond à l’ensemble des critères suivants :
    R.1 L’élément est constitutif du patrimoine culturel immatériel tel que défini à l’article 2 de la Convention.
    R.2 L’inscription de l’élément contribuera à assurer la visibilité, la prise de conscience de l’importance du patrimoine culturel immatériel et à favoriser le dialogue, reflétant ainsi la diversité culturelle du monde entier et témoignant de la créativité humaine.
    R.3 Des mesures de sauvegarde qui pourraient permettre de protéger et de promouvoir l’élément sont élaborées.
    R.4 L’élément a été soumis au terme de la participation la plus large possible de la communauté, du groupe ou, le cas échéant, des individus concernés et avec leur consentement libre, préalable et éclairé.
    R.5 L’élément figure dans un inventaire du patrimoine culturel immatériel présent sur le territoire de l’État partie soumissionnaire, tel que défini dans les articles 11 et 12 de la Convention
  2. Comment inscrit-on un élément sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité ?
    Un élément doit suivre un processus d’inscription avant d’être pris en considération. Ce processus devra être suscité par la communauté concernée par l’élément en question. Seulement le processus d’inscription est conduit par le pays dont il émane.
  3. A qui appartient l’élément dès lors qu’il est inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité ?
    L’élément reste et demeure toujours la propriété de la communauté concernée qui veille à sa sauvegarde et sa valorisation. Seulement, cet élément est désormais reconnu par l’humanité toute entière qui dès lors soutient et assiste la communauté concernée dans ses efforts.
  4. Qu’est-ce que la Convention 2003 ?
    La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ou encore la Convention 2003 est un accord international adopté par la Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (l’UNESCO), réunie à Paris du vingt-neuf septembre au dix-sept octobre 2003, en sa 32e session.

    C’est le premier instrument multilatéral contraignant consacré à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Elle se fonde sur les accords, recommandations et résolutions internationaux existants en matière de patrimoine culturel et naturel et les renforce. Elle sert de cadre à l'élaboration de politiques reflétant la pensée internationale actuelle en matière de préservation de la diversité culturelle et de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

    La Convention 2003 a quatre objectifs principaux :
    - Sauvegarder le patrimoine culturel immatériel ;
    - Assurer le respect du patrimoine culturel immatériel des communautés, des groupes et des individus concernés ;
    - Sensibiliser, aux niveaux local, national et international, à l'importance du patrimoine culturel immatériel et à la nécessité d’en assurer l’appréciation mutuelle;
    - Permettre la coopération et l’assistance internationales.

    Les pays qui ratifient cette Convention (les Etats parties) deviennent membres d’une communauté internationale, unie dans la mission commune d’identifier et de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel des communautés de notre planète.

    Pour assurer donc une meilleure visibilité du patrimoine culturel immatériel, faire prendre davantage conscience de son importance et favoriser le dialogue dans le respect de la diversité culturelle, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, organe exécutif de la Convention, sur proposition des États parties concernés, établit, tient à jour et publie une Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

    La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité est composée de ces expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel des communautés de notre planète. Ainsi, en 2008, le Comité a incorporé 90 éléments (auparavant proclamés Chefs-d’œuvre) et de 2009 à 2014, 224 éléments ont été ajoutés à cette liste pour un chiffre total de 314 éléments.

    Par ailleurs, en vue de prendre toutes les mesures de sauvegarde appropriées, ce Comité établit, tient à jour et publie une Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, et inscrit ce patrimoine sur la Liste à la demande de l'État partie concerné.
  5. Pourquoi faut-il sauvegarder le Patrimoine culturel immatériel ?
    Le patrimoine culturel immatériel a une importance cruciale tant sociale qu'économique.

    Au plan social, Il dote la communauté dans son ensemble et les individus qui la composent d’un sentiment d’identité et de continuité, liant ainsi notre passé à notre avenir par l'intermédiaire du présent, et leur offre également la capacité à prévenir et résoudre les conflits, contribuant ainsi à la cohésion sociale, sans laquelle tout développement est impossible.


    De plus, La compréhension du patrimoine culturel immatériel de communautés différentes contribue au dialogue interculturel et encourage le respect mutuel pour d'autres modes de vie.

    Quant à sa valeur économique pour une communauté spécifique, elle est double : les savoirs et savoir-faire transmis au sein de cette communauté et le produit de ceux-ci. Elle découle directement de la consommation de ces produits par la communauté elle-même ou par d'autres grâce au commerce.
  6. « Protéger » ou « sauvegarder » le patrimoine culturel immatériel ?
    Pour rester vivant, le patrimoine culturel immatériel doit être pertinent pour la communauté, constamment recréé et transmis d'une génération à l'autre.

    Comme tout organisme vivant, le patrimoine culturel immatériel suit un cycle de vie et certains de ses éléments sont voués à disparaître après avoir donné naissance à de nouvelles formes d’expression.

    « Sauvegarder » alors le patrimoine culturel immatériel ne signifie donc pas protéger ou conserver au sens ordinaire de ces termes, car on risquerait de le fixer ou de le figer dans le temps. « Sauvegarder » signifie assurer sa viabilité, c'est-à-dire assurer sa recréation et sa transmission permanentes. C’est en somme transmettre du savoir, du savoir-faire et du sens.
  7. Qu'est-ce que le patrimoine culturel immatériel ?
    On entend par « patrimoine culturel immatériel » les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.

    Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine.

    Le « patrimoine culturel immatériel », tel qu'il est défini, se manifeste notamment dans les domaines suivants :
    - (a) les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ;
    - (b) les arts du spectacle ;
    - (c) les pratiques sociales, rituels et événements festifs ;
    - (d) les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers ;
    - (e) les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel.

    (Article 2 de la Convention de 2003 de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.)

    Il est très important de souligner que n’est pris en considération que le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme, ainsi qu'à l'exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d'un développement durable.
  8. Qu’est-ce que cela signifie-t-il pour un bien d’être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ?
    Lorsqu’un pays voit certains de ses biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, il en résulte :
    - Une meilleure prise de conscience des citoyens et des gouvernements pour de la préservation et valorisation de ce patrimoine ;
    - Un prestige énorme pour le pays dont il émane qui s’ouvre davantage au monde ;
    - Une promotion de la diversité culturelle des populations locales ;
    - Une augmentation de la renommée internationale de ce patrimoine qui suscite la curiosité et l’attrait des investisseurs étranger ;
    - Un développement remarquable du tourisme local ;
    - Une contribution notable au développement économique local par la création d’activités génératrice de revenus ;
    - La création d’entreprises qui vont employer les jeunes d’où la réduction du chômage ;
    - La réception éventuelle d’une assistance financière et technique de la part du Comité du patrimoine mondial afin de soutenir les activités de préservation de ce bien...
  9. Qu’est-ce que le patrimoine mondial ?
    Le patrimoine mondial est une appellation attribuée à des lieux ou des biens, situés à travers le monde, possédant une valeur universelle extraordinaire.
    A ce titre, ils sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial afin d’être protégés pour que les générations futures puissent encore les apprécier à leur tour.
    Ces lieux et ces biens, aussi divers et uniques que les pyramides d’Egypte, la Grande Barrière de corail australienne, les Iles Galápagos en Equateur, le Taj Mahal en Inde, le Grand Canyon aux Etats-Unis ou l’Acropole en Grèce, la Ville Historique de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire sont quelques exemples des 1007 biens culturels et naturels inscrits à ce jour sur la Liste du patrimoine mondial.